Kawasaki transforme son sémillant roadster “Z” en routière tonique. C’est du moins ce qui vient à l’esprit au vu de la conversion du superbe roadster natif ! Le géant japonais (s’il est le plus petit des quatre constructeurs nippons en matière de deux roues, Kawa manufacture mille autres choses et les motos ne constituent qu’une fraction de son activité) fait adopter un enveloppant tête de fourche à la “Z” (illustre famille s’il en est), mais ne s’arrête pas en si bon chemin : géomérie de la fourche, tableau de bord plus avenant, suspension, cartographie boîtier électronique, etc., ont été recalculés). Cela suffit-il à développer des capacités routières réelles à ce magnifique roadster qui, ainsi travesti, s’il doit gagner en confort d’étapes, perd un peu de son charisme ? C’est la question que nous nous sommes posée…

MOTEUR : Voilà un bouilleur où il y a à dire ! D’un point de vue strictement rédactionnel, c’est bien plus intéressant à peindre qu’un berlingot trop parfait qui pousse fort à tous les étages.

L’effet un peu trapu de cet angle de prise va bien à notre Kawa. On distingue sans coup férir l’excellente protection des jambes inhérentes aux découpes prononcées du réservoir.
D’abord la cylindrée. Les 750 cm3 étaient dans les années 80 les fers de lance des gammes motos. Tombées doucement en désuétude au profit des 600 et des 1 000 cm3, on cherche toujours à savoir pourquoi. Bien née, cette cylindrée (750 à 800 cm3) constitue le compromis parfait : on conserve le pep’s et la facilité des 600, le “coffre” en plus, tout en conjurant l’artillerie très lourde que constitue une 1 000 cm3. Fatalement, un jour ou l’autre, on y reviendra. Il est notable de relever que Kawasaki est l’un des constructeurs à avoir toujours conservé cette cylindrée à son catalogue, la réservant, il est vrai, à ses roadsters.
Alors notre bouilleur Kawa…
C’est un modèle de souplesse et de couple. Il accepte de reprendre dès 1500 tr/mn en 6, et roule sur le même rapport à l’aide d’un filet de gaz à 2 500 tr/mn en parfaite plénitude de ses moyens, offrant dès la reprise un comportement véloce. Et ce jusqu’à 6 000 tr/mn.
Malheureusement, à 6 000 tr/mn, il s’éteint un peu. Ou plutôt, il reprend son souffle. Mais il prend une profonde inspiration, car jusqu’à 8 000 tr/mn, il trépigne, et son ryhtme se syncope. Le bruit des échappements changent, se fait plus pointu et agressif, on sent bien que quelque chose est en gestation, mais ce cri de guerre si prémonitoire n’est nullement converti par des mouvements véritablement offensifs.
Arrivé à 8 000 tr/mn, le berlingot nippon sort de sa chrysalide et devient guêpe tant sa sonorité devient aigue, surexcitante, et il pousse alors virilement sans discontinuer au-delà de la zone rouge (11 500 tr/mn). Du reste, en plein c¦ur de celle-ci, nous avons coupé les gaz car le moteur ne voulait pas rupter et encore moins réguler…
En fait, vous l’aurez compris, dans les moyens régimes, à l’opposite de la théorie soutenue supra (une théorie, par définition, reste théorique… Nous n’avons de cesse de le marteler : en matière mécanique, il n’y a point d’acquis. CQFD.), le sept et demi Kawa n’est pas positivement à son aise. C’est dommage, car en utilisation intensive ou pour doubler rapidement, vous devrez parfois tomber deux rapports pour entrer dans la zone joueuse des 8 à 12 000 tr/mn. Ce qui accroîtra, fatalement, votre consommation ou votre confort de conduite. 14/20
STABILITÉ-TENUE DE ROUTE : Alors, là , c’est carrément historique (sais pas si c’est le bon épithète, mais vous entendrez le sens)! La ZS est un rail quasiment en toutes circonstances. Si l’on prend l’habitude de charger l’avant compte tenu des dénivelés du bitume calédonien, des trous et des bosses, la “petite” 750 se joue de toutes les embûches. Nous le disons d’autant plus volontiers que nous nous attendions à quelque réaction parasite. Mais non ! Sauf à une route qui n’a plus de route que l’appellation que lui octroierait trop charitablement notre sens du relatif (et il en faut en Nouvelle-Calédonie), on se sent en parfaite sécurité en chevauchant la Kawa. A fortiori quand son excellente maniabilité vous permet de la rattraper même en cas d’excès d’optimisme à l’entame d’un virage. Elle se balance à l’envi et c’est carrément jubilatoire de la rattraper et de jouer avec ! Du grand art et un festival de plaisir garanti… 20/20

Les chiffres du compteur s’emmêle un peu à leur lecture attendu qu’ils sont assez proches les uns des autres, particulièrement à certaines vitesses quand les chiffres ont une graphie ressemblante. On appréciera la présence d’une jauge à essence (digitale), mais on déplorera l’absence d’une jauge de température d’eau (témoin d’alerte de surchauffe cependant). La rétrovision est perfectible (avant bras en mire).
FREINAGE : Le premier sentiment qui vient à l’esprit est : le frein avant manque de mordant ! Ce n’est que partiellement vrai. À force que nos constructeurs ne fabriquent plus que des motos qui ne savent freiner que du frein avant, on ne finit plus par freiner nous-mêmes que du frein avant. C’est logique. Mais si vous daignez vous pencher sur l’efficacité du disque arrière de la ZS, alors vous vous rendrez compte qu’en appuyant simultanément sur les deux freins, vous obtiendrez des décélérations très puissantes. Alors bien sûr, le frein avant est un peu fadasse au regard des prestations en l’espèce des sportives. Mais superposez les deux freins de la Kawa (et appuyez virilement sur la poignée droite !), et vos obtiendrez un résultat très décent. Enfin ! Ce n’est pas parce que les constructeurs motos n’admettent plus le frein arrière que pour passer l’homologation qu’on doit se croire amputé du pied droit ! 16/20
PROTECTION : Sur notre modèle d’essai qui totalisait moins de 4 000 km, la bulle d’origine avait vécu. L’Ermax de substitution offrait une déflection plus grande dans son dessin. Ainsi nanti, grand gaillard de 1,85 m cul sur la selle, la pression du vent était supportable et ne contraignait à se tapir à l’abri derrière le paravent de plastique qu’à des vitesses déjà élevées. Les jambes sont très correctement abritées. Pas de note car le modèle de bulle n’était pas d’origine.
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Mon homme s’est offert une 750 Z et du coup, on regarde plusieurs sites.
Perso, je suis prof de français, et je voulais juste saluer la finesse de vos remarques et le soin que vous y apportez.
D’habitude ce n’est pas du tout le cas. Très bien, merciiii!!!