LA FIN DU PÉTROLE : CE QUI NOUS ATTEND…
QUE SE PASSERA-T-IL APRÈS LE PIC PÉTROLIER SI AUCUNE SOLUTION N’EST TROUVÉE ?
Le pétrole va progressivement devenir très cher durant quelques années (?) avant de s’épuiser totalement et cela aura des répercussions énormes sur notre vie quotidienne, sur nos familles, sur nos amis… Nos sociétés industrielles sont basées sur le modèle et les ressources d’une énergie bon marché. Le pétrole, c’est notre quotidien, jusque dans notre jardin (engrais) ou nos boîtes en plastique.
Voici quelques exemples simples qui seront vraisemblablement vécus par un grand nombre d’entre nous. Cela n’a rien d’un scénario catastrophe, c’est la logique même. ATTENTION : article évolutif.

Vestige d’une guerre du pétrole…
- Bouleversement total de notre mode de vie.
- Fin de la croissance et apparition de la décroissance, soit la paupérisation à terme, l’appauvrissement.
- Le chômage : des millions de sociétés à travers le monde seront réduites à déposer le bilan. Le produit intérieur brut (PIB) s’effondrant, rapidement les sociétés ne pourront plus faire face.
- L’industrie aéronautique ne résistera pas longtemps. Les prix des billets s’envoleront dans un premier temps jusqu’au jour où les avions resteront cloués au sol.
- La fin du tourisme.
- Une mobilité largement altérée.
- Explosion des prix de l’alimentaire. Les territoires isolés seront les plus mal lotis, donc la Nouvelle-Calédonie.
- Émeutes, guerres civiles, guerres internationales. On peut tabler que les USA auront à cœur de préserver leurs intérêts autant que faire se peut.
- Dévaluation du dollar, soutenu aujourd’hui par l’or noir, dont il est la monnaie officielle.
- Crise intérieure américaine, qui débordera sur les cinq continents.
À vous d’imaginer toutes les autres conséquences possibles… Nous ne voulons pas dire que cela va arriver ipso facto, mais simplement qu’il s’agit du scénario le plus plausible en 2007.

LES GUERRES DU PÉTROLE ET LES MOUVEMENTS MILITAIRES
Un grand nombre de guerres modernes eurent pour toile de fond l’approvisionnement en pétrole.
Citons l’actuelle guerre en Irak, la guerre du Golfe en 1991, l’Afghanistan (Asie Centrale), l’implantation militaire américaine dans le Golfe de Guinée (proximité de l’Afrique pétrolifère) qui, sans prendre évidemment la forme d’un casus belli n’en reste pas moins un positionnement stratégique à dessein. La Chine elle-même, deuxième consommateur au monde de pétrole, tente de se positionner au mieux.
Il faut considérer que chaque pays qui se verrait soustrait aux ressources pétrolières est susceptible de devenir un pays belligérant.
LES SUBSTITUTS ACTUELS DU PÉTROLE : PAS VALABLES ! PIS ! CERTAINS BIOCARBURANTS SONT MORTELS !
Nous n’évoquerons pas ici le gaz, qui devrait connaître son pic alentours de 2020 et qui est, à l’instar du pétrole, une énergie non renouvelable. Idem pour le charbon qui fait cependant l’objet d’une explication sous forme de légende (voir photos et leurs textes).
Bien sûr, on pense aux biocarburants (ou agrocarburants), très en vogue actuellement. Il s’agit de carburants produits à partir de plantes cultivées ou poussant à l’état naturel. Nous y reviendrons peut-être plus longuement dans un prochain chapitre. Sachez essentiellement que les plus connus sont aujourd’hui le méthane, le bioéthanol et le biodiesel (diester).
Le problème des biocarburants cultivés, c’est la place requise pour leur culture (plusieurs fois la terre entière nécessaire pour répondre à la demande internationale) et la nécessité dans laquelle on se trouve, dans notre ère chimique, de devoir les engraisser à partir de dérivés… de pétrole ! On se mord la queue donc : pour remplacer le pétrole, il faut du pétrole… Par surcroît, les biocarburants soulèvent un insurmontable problème… écologique ! Remplacer le pétrole par les plantes, c’est aussi s’approprier au bas mot 20 % des végétaux à l’échelle de la planète entière, soit augmenter encore l’empire de l’homme sur la nature et sur les autres espèces en des proportions dramatiques, même pour la pérennité de notre espèce. Rien qu’en France, Jean Marc Jancovici, spécialiste des émissions des gaz à effet de serre, soutient qu’il faudrait cultiver 118 % de la surface totale de la France en tournesol pour remplacer l’intégralité de notre consommation nationale en pétrole dans les transports uniquement, 104 % de la surface de la France avec le Colza, 120 % avec la betterave et 2 700 % avec le blé (à titre d’exemple, la plantation de palmiers à huile est responsable de 80% de la déforestation en Malaisie) ! Bref ! A l’impossible nul n’est tenu et la solution de rechange est bien pire que celle à laquelle elle se substituerait ! Encore un point négatif : en dépit de leur appellation, les biocarburants ne sont pas évidemment pas issus de l’agriculture biologique, mais bien de l’agriculture intensive : pesticide, consommation d’eau, etc. auraient un impact non négligeable sur l’écosystème. De plus, la production massive d’éthanol augmenterait ipso facto – et de manière dramatique – l’agriculture énergétique au détriment de l’agriculture agro-alimentaire, ce qui impliquerait fatalement un enchérissement du prix des denrées et, par-dessus, accélérerait encore la déforestation (on parle de 16 millions d’hectares de forêts tropicales rien qu’en Asie du sud-est qui seraient consacrées aux agro-carburants). L’exploitation à l’échelle planétaire des biocarburants tels que nous les connaissons aujourd’hui, c’est la mort de la terre, le pétrole faisant figure d’enfant de chœur à côté.
Nous voyons bien qu’un ce stade, non seulement les agrocarburants sont impossible à mettre en œuvre, mais leur matérialisation aurait par surcroît des conséquences désastreuses sur notre avenir, et à très court terme.
QUE FAUDRAIT-IL FAIRE ?
Cela paraît assez logique.
- Une prise de conscience et une concertation internationale au plus haut niveau permettrait de définir un vaste plan d’économies à grande échelle permettant de retarder le jour où le pétrole tarira.
- Déterminer un consensus économique qui permettrait de limiter les effets de la crise internationale qui point.
- Définir une politique et travailler de concert sur l’élaboration d’une réelle énergie durable.
Ce sont les seules conditions qui permettraient de conjurer les effets apocalyptiques auxquels nous serons exposés lorsque le pétrole deviendra plus rare et plus cher.
Il y a peu de chances en l’état que ces solutions soient un jour envisagées.
D’autres sources d’approvisionnement en biocarburant sont évidemment recherchées.
Le plus crédible à ce stade : les algues.

Les microalgues pourrait constituer une parade viable comme substitut énergétique.
Sans dire qu’il s’agit du substitut parfait, ce serait encore celui qui ne présenterait pas les risques inhérents à la culture de ceux que nous venons d’évoquer. La richesse en huile des algues désignées à cet usage est par ailleurs extrêmement forte. Qui plus est, les algues ne concurrencent pas les surfaces arables pour l’agro-alimentaire et leur culture est assez aisée moyennant des structures maîtrisées (on peut les engraisser sur la base de simple déchets d’origine organiques).
Quand on parle d’algues (ou de microalgues), on évoque le concept de biocarburant de seconde génération. Mais à cette heure et sauf omission de notre part, aucune culture à grande échelle n’a été entreprise.


En dépit des progrès réalisés dans son exploitation, le charbon reste une mine inépuisable de pollution (la première photo d’époque est édifiante). Il s’agit également d’une ressource fossile (à l’instar du pétrole et du gaz) qui pourrait revenir à la mode durant un intermède, et seulement un intermède, car les ressources ne sont pas ici non plus inépuisables. Délaissé au profit du pétrole, moins coûteux et plus énergétique, le charbon produit d’énormes quantités de gaz à effet de serre (CO2) et l’exploiter à une échelle internationale précipiterait les problèmes écologiques. La Chine utilise de nombreuses centrales électriques avec cette roche (80 % de son électricité) et se révèle donc le premier pollueur en matière de dioxyde de carbone.
CONCLUSION
Nous ne sommes absolument pas préparé à l’effondrement prochain de la production de pétrole. Même l’hydrogène, qui se peut présenter aux yeux de certains comme une solution, ne sera pas opérationnelle avant plusieurs décennies, si d’aventure elle devait le devenir.
Qui plus est, il faut savoir que pour un pays comme la France, cela requerrait de tripler le nombre de centrales nucléaires et de développer un réseau international de pipelines, sans préjudice des transports et des stations spécifiques requises.
Certes, on peut espérer que de nouvelles découvertes de gisement viendront différer la date butoir. Mais rien n’est moins sûr en l’état de nos connaissances et de nos capacités de forage. En tout état de cause, s’il se révélait possible d’obtenir un sursis, faisant abstraction de toutes les insuffisances techniques actuelles et du coût généré, au rythme effréné de la consommation exponentielle, cela ne modifierait pas les données ici relatées : il ne s’agirait que de les différer…

Ainsi, en ce mois de septembre 2007, rien ne semble devoir conjurer une profonde et violente mutation internationale, même si celle-ci s’étalera dans le temps. Un véritable cataclysme qui remettra en cause notre civilisation industrielle et pourrait déboucher sur un effondrement total des valeurs de civilisation actuelles.
Ce qui est remarquable, c’est que personne, à un haut niveau, n’évoque le sujet. La campagne présidentielle 2007 a vu aborder des thèmes tels que les régimes de retraite ou la pollution, certes louables et nécessaires, mais dans un ordre de priorité responsable, la mort du moteur de notre société constitue, il nous semble, la priorité majeure. Il n’en reste pas moins que politiquement et économiquement, le sujet est dangereux…
À défaut d’une prise de conscience collective, de décisions planétaires rapides portant sur des changements radicaux en matière de gestion de l’énergie encore disponible, la civilisation que nous connaissons affrontera le plus aigu et sans doute un des plus violents bouleversements de son histoire dans un proche avenir.
EN RÉSUMÉ (cas de figures probables à ce jour)
- Nous devrions atteindre sous peu (quelques années) le fameux pic pétrolier (les ressources et la production en pétrole iront alors en s’amenuisant).
- L’évolution des prix à la pompe sera une augmentation constante qui suivra l’amenuisement des ressources en pétrole.
- Le pétrole devrait devenir progressivement de plus en plus cher, ce qui affectera le train de notre vie quotidienne et fera enchérir toutes sortes de denrées et de prestations.
- Décroissance inéluctable sous cette configuration et paupérisation (appauvrissement) majeure des petites et moyennes classes.
- A ce jour, pas de solution viable à la perspective de ces bouleversements.
NOS SOURCES
Citons l’Association for the Study of Peak Oil, diverses ressources encyclopédiques, dont Wikipedia, Yves Cochet (Pétrole Apocalypse), Oleocene, wolf.readinglitho et bien d’autres…
Revenir au début du dossier sur la fin du pétrole.
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Travail remarquable, BRAVO! C’est clair, net et sans bavures…….une excellente synthèse!
Les points sur les « i »: http://www.terredebrut.org/article-14104008.html
Ne nous alarmons pas. Tout ce qui est décrit dans l’article est bien fondé, sauf pour une chose : la capacité de réaction scientifique et technologique de nos sociétés industrialisées : vous croyez qu’avec un baril à 200 dollars elles ne vont pas se ruer vers les « nouvelles » énergies » ? En cas d’urgence (ex, c’est malheureux mais vrai les 2 guerres mondiales), les hommes sont capables de d’évolutions techniquo/scientifiques aussi rapides que colossales. La montée du prix du pétrole aura ceci de bien c’est qu’elle nous prépare petit à petit à sa disparition, certes prochaine (quelques dizaines d’années) et forcera l’homme à trouver des solutions de remplacement. Il y en a plein, ex les algues.
@dd Bonjour, « Tout ce qui est décrit dans l’article est bien fondé » d’accord; « sauf pour une chose « ; un léger doute s’installe insidieusement….Êtes vous sur d’avoir bien appréhendé la nature du problème, ce qui m’amène à formuler 2 questions:
1- « trouver des solutions de remplacement. Il y en a plein….. » Concrètement lesquelles en termes de volume et débit à l’échelle planétaire?
2- « les hommes sont capables d’évolutions technico/scientifiques aussi rapides que colossales. » Comment se fait il dans ce cas, qu’ils aient été incapables d’anticiper une chose aussi simple comme l’épuisement d’une ressource (Irremplaçable par la simplicité de sa récupération et mise en oeuvre) en quantité finie dont la consommation augmente de façon exponentielle, à cause d’une population mondiale elle-même en croissance exponentielle sachant que même en améliorant l’intensité énergétique par habitant, le débit final augmente?
@Rédac : lien important….http://www.theoildrum.com/node/4242
Toujours pas de réponse de « DD » plus de 3 ans après, jalala! Depuis, on aura compris (enfin pour ceux qui ouvrent les yeux) qu’une partie de la réponse passe par la destruction de la demande d’un coté et la réduction de la souveraineté de certains pays producteurs de l’autre. L’important comme disent « DD » et ses copains nunuche et ouioui, c’est d’être du bon coté: celui de la société industrialisée qui pourvoira au bien être de tous.
Salut SWL ! Depuis le temps… Amitiés.
Aye me suis inscrit sur le flux RSS, comme ça je viendrais te passer un p’tit coucou de temps en temps!