Peut-on parler de tuning dès lors que l’on s’attaque à la partie mécanique du véhicule ?
Par définition, oui…
Le tuning étant l’art de la personnalisation et de la bonification de son véhicule (de manière plus ou moins heureuse quelquefois), l’intervention au niveau des éléments mécaniques cadrent avec la définition, même s’il nous paraît plus pertinent d’évoquer dès lors le titre de “préparation”.
Les arbres à cames sont l’une des pièces les plus évidentes à changer et… l’une des plus commercialisées par conséquent.
Quelques explications sur le phénomène…

C’EST QUOI UN ARBRE À CAMES ?
L’arbre à cames est une pièce mécanique rotative employée dans les moteurs afin d’actionner et de synchroniser le travail respectif d’ouverture et de fermeture des soupapes admission/échappement durant le cycle des 4 temps. Il se présente sous la forme d’une tige cylindrique pourvue de cames (ces petits bossages qui appuient sur les soupapes).
On le (les) place tout du long des cylindres ou, le plus souvent aujourd’hui, au-dessus de la culasse (arbre à cames en tête). Il peut y avoir un ou deux arbres à cames en tête.
Selon les profils de ses cames, l’arbre peut “doser”, en quelque, sorte, le remplissage et la durée du remplissage de la chambre de combustion. En somme, il peut “gaver” (mode sportif on) le moteur.
CHANGER SON OU SES ARBRES À CAMES…
… Est une opération a priori bénigne.
Mais pourquoi le fait-on si ce n’est pas indispensable ?
Tout simplement pour gagner quelques chevaux, éternelle vocation de certains d’entre nous…
Pour ce faire, les manufacturiers qui produisent des arbres à cames adaptables, retravaillent le profil biseauté des cames (plus ou moins “pointu”) afin d’en modifier les angles (ou les degrés) d’ouverture. Selon ces angles, le comportement du moteur s’en trouvera bonifié dans le sens souhaité.
On peut ainsi opter pour un comportement moteur privilégiant la puissance, la souplesse…
Dans tous les cas, le remplissage en mélange gazeux s’opérant sous de meilleures conditions, le bénéfice peut être sensible.
POURQUOI ALORS LES CONSTRUCTEURS NE LE FONT PAS ?
Les cahiers des charges des constructeurs sont différents de ceux d’un manufacturier ou de l’utilisateur amateur.
Un constructeur doit rationaliser les coûts générés par le fonctionnement de son véhicule. Imaginez un constructeur qui, pour la même catégorie de véhicule, annonce un litre de consommation en sus que son concurrent. Il aura beau jeu d’annoncer 1/2 secondes de moins au 400 mètres départ arrêté ! La plupart des consommateurs se tourneront vers le modèle le plus sobre.
Dès lors, le souci d’un constructeur est le suivant :
Obtenir le meilleur rendement du moteur dans une épargne maximalisée de ses coûts de fonctionnement.
La messe est dite : les arbres à cames sport sont proscrits (à l’exception de certains modèles).
À partir de cette petite explication, vous aurez conçu que votre consommation de carburant augmentera en des proportions variables selon les caractéristiques de votre nouvel arbre à cames.

L’arbre à cames sert à actionner les soupapes d’admission et d’échappement. Entraîné par le vilebrequin via une courroie, le plus souvent (malheureusement !), il ouvre et ferme les soupapes en tournant sur lui-même.
LES RISQUES
Théoriquement aucun si vous ne touchez qu’à l’arbre à cames (arbre à cames sport).
Ça c’est la théorie.
En pratique, veillez à la qualité ou au renom du manufacturier de l’adaptable. Cette pièce peut en effet casser si elle est mal usinée ou fragile.
Soyez prudent dans tous les cas : payez plus cher, mais montez avec certitude.
Évidemment, vous avez également le loisir de monter un arbre dit “rallye cross”.
Mais ce type d’arbre à cames requiert un changement d’environnement mécanique très complet et démultiplie par conséquent les coups. Il est réservé à la compétition - et encore à celles dont le règlement permet des modifications moteur majeures.
CONCLUSION
On peut tout modifier dans une voiture (ou une moto). Mais les arbres à cames constituent indubitablement l’une des pièces mécaniques les plus accessibles et les plus faciles à modifier. Reste que l’opération, loin de la théorie, n’est pas aussi bénigne qu’elle y paraît.
Si vous choisissez une ou deux pièces manufacturées de qualité, il n’y a pas de raisons pour que vous ne soyez pas satisfait du rendement et de la fiabilité de votre moteur amendé.
Mais comme toujours, prudence !
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Bonjour, merci pour cet article clair et concis sur les arbres a cames. J’ai une question a vous poser concernant un changement de cette pièce sur un moteur : est-ce autorisé par la DRIRE, faut-il le leur déclarer ou est-ce considéré comme quelque chose de mineur et de toléré ? j’ai pour ma part un hyundai coupé v6 2.7 ultra bridé à 170 cv, un préparateur de confiance m’indique un gain de 30 cv possible avec changement d’arbre a came et reprogrammation. Mais est-ce autorisé ?
merci d’avance