Le magazine de l'actualité Auto et Moto Mardi, 21 mai 2013 - 19:25

Analyse huile Igol + additif HP2

En réponse à ce post sur le forum de la précédente version du site… :

Bonjour,

Je viens de recevoir l’analyse d’huile de ma moto. Il s’agit de l’association de l’huile Igol 10W-50 (synthèse ester) et du HP2 NVR 512C. J’ai donné récemment les gains perceptibles sur le sujet Zenox.

Le bilan de la société d’analyse est impeccable. Mais certains chiffres me laissent perplexes.

- Molybdene : 225 et bore : 143

Serait-ce l’huile Igol qui soit chargée en molybdène et bore ou s’agit-il d’usure possible?

- Fer : 25 et Aluminium : 31

Ce n’est pas norme mais plus que vos tests sur moto. Vous en pensez quoi ?

Je précise que l’huile au moment de l’analyse est de 5000 km. Moteur toujours respecté à froid. Pas de ville. L’additif HP2 a été mis à raison de 4¨% (un demi-flacon. Le fabricant preconise de 4 à 8 %).

- L’indice d’oxydation est de 267. Mais l’aqua test est de 0.03 seulement. Le test sur ma voiture ( semi Leclerc + Mecacyl) donnait 0 en indice d’oxydation et 0.0e a l’aquatest.

Explication possible ?

- La viscosité me semble correcte sans être exceptionnelle : 75 à 40°C

Merci pour vos conseils.

Stef

Nous répondons ici aux questions posées par « Stef ».

kawasaki ZX7R Ninja

Mais comme la lecture de son analyse spectrométrique se révélait indispensable à la clarté du sujet, nous abordons cette réponse sous forme d’article.

Merci de noter que « Stef » a apporté sa contribution depuis la naissance (16/04/06) d’Auto Moto Conso à travers des posts et des commentaires. Le traitement de son analyse présente donc ici un caractère exceptionnel.

ANALYSE SPECTROMÉTRIQUE

VÉHICULE : MOTO KAWASAKI ZX7R
KILOMÉTRAGE : 51 800 KM

Présence de MOS2 et Bore : À interpréter selon le type exact de l’huile Igol utilisée, mais ce sont des éléments que l’on retrouve encore parfois dans le package des additifs d’une huile de synthèse. Ils présentent des vertus anti-usure et anti-oxydante. Mais ils peuvent tout autant provenir de l’additif HP2 NVR 512C.
Nous allons essayer d’obtenir une analyse de ce produit pour y voir plus clair. Mais il ne s’agit en aucun cas d’usures.

Présence de Fe (Fer : 25 ppm) et Al (Aluminium : 31 ppm) : Pour 5 000 km, avec une utilisation régulière aux alentours de 13 000 tr/min à chaud, ces valeurs sont tout à fait satisfaisantes. Pour ce type de moto et d’utilisation, sans la présence d’un additif performant, on constate régulièrement des valeurs en fer qui taquinent les 50 à 60 ppm (part-par-million, soit 10 ppm = 0,001 %) et des valeurs en aluminium qui flirtent avec les 80 ppm. Il n’est pas fatalement pertinent de faire un comparatif avec des analyses réalisées sur une moto d’un autre type, avec des régimes et des conditions d’utilisations différentes. Nous l’avons fait, pour notre compte (Mecacyl®), à titre d’étalon et parce qu’il se trouvait en l’occurrence qu’un bouilleur moins sportif présentait une usure plus prononcée. Mais l’inverse est dans la logique des rapports.

TACHE D’HUILE

Pour l’oxydation, effectivement, la valeur relevée (265) parait assez forte. Toutefois la tache est claire (si l’huile était vraiment oxydée, elle serait davantage dans les tons orange). Notre chimiste pense plutôt qu’il s’agit d’un problème d’interférences de pic au niveau de l’infra-rouge. Cette interférence est peut-être due à l’additif, ou à l’huile (avec une propension pour l’additif).
Les 0.03% d’eau sont dus à quelques condensations, tout à fait normales.

La viscosité est, il est vrai, un peu faible pour une 10W-50 (on devrait être aux alentours de 120cSt, s’il s’agit bien de la IGOL PROPULS RACING 10W50). Mais encore une fois, avec des régimes d’utilisation aux alentours de 13 000 tr/min, le phénomène de cisaillement peut être important.
Un peu de dilution peut aussi s’y ajouter.

Et puis vous l’avez vu dans notre dossier : une excellente minérale fait aussi bien la plupart du temps qu’une full synthé sur 5 à 8 000 km.

Quoi qu’il en soit, les résultats de cette analyse (Full Synthé ester + HP2) sont satisfaisants au regard de son contexte d’utilisation. Il n’y a pas de problème particulier pour cette moto.

IGOL PROPULS RACING 10W50

Igol est un huilier français (origine Provence) indépendant, le premier en France. Sa gamme s’articule autour d’une production de 35 000 tonnes de lubrifiants/an.
Son IGOL PROPULS RACING 10W-50, sur base estérifiée, constitue son haut de gamme lubrifiant dans la gamme moto.

LE HP2 NVR 512C

Additifs moteur et boîte de vitesses, la gamme HP2 s’articule, entre autres, autour d’additifs sur base céramique.
Le NVR 512C se fonde, lui, sur le “triboxydium”.
Voilà ce qu’en dit son manufacturier :

“Le Triboxydium est un assemblage électro-moléculaire carbone/métal modifié par catalyse électrique (exclusivité HP2). Ce procédé permet, par un processus de migration électrolytique et d’adsorption chimique, d’investir les surfaces métalliques en contact d’un film moléculaire capable de supporter les plus fortes contraintes d’accélération et de pression”.

Propriété et Copyright : Automotoconso.com
Tous droits réservés. Reproduction textes, photos et mise en forme interdits sauf autorisation écrite du directeur de publication du site.

Related Posts

Laisser un commentaire