La Nouvelle-Calédonie est l’un des rares pays où l’utilisation du “degraissing” (solvant émulsionnable de nettoyage des graisses) apparaît presque comme culturelle. Or donc, comparativement à un solvant sec au moins aussi efficace, et polluant - si l’on pouvait le quantifier -100 % moins la Nouvelle-Calédonie et son lagon, la lutte paraît inégale. Pourquoi les Calédoniens en pincent-ils pour le “degraissing” sale, puant, source dramatique de pollution et, tout bien considéré, plus cher à l’usage ? Réflexion et données pratiques sur un “mal” typiquement calédonien…

“DEGRAISSING (???)”
Si en Métropole, vous parlez “degraissing”, nul doute que votre interlocuteur vous fera répéter le mot, car le “degraissing” y est quasiment inconnu. Idem en Europe. Là -bas, on utilise des solvants sec de nettoyage  plus chers à l’achat mais plus économique d’usage. Les factures des professionnels y sont moins élevés que ceux des Calédoniens concernant cette application. C’est bien simple, pour les professionnels “étrangers” de l’industrie qui débarquent chez nous, le “degraissing” est un archaïsme dangereux.
UN FLÉAU ÉCOLOGIQUE
Citons une société phare en Nouvelle-Calédonie : la SLN (Société Le Nickel).
Cette société, selon nos estimations, utiliserait 40 000 litres de “degraissing” par an contre 8 à 9 000 litres de solvant sec…
Entre sociétés et particuliers, on pourrait estimer la consommation annuel des Calédoniens à environ 120 000 litres de degraissing à l’année. Or il faut savoir que le “degraissing” est composé à 80% de pétrole lampant. Sur ces 120 000 litres que nous estimons, combien de milliers de litres vont polluer le sous-sol et le lagon calédonien ? Multiplier cela par un nombre d’années que vous choisirez arbitrairement, et vous aurez une idée de la véritable marée noire que les Calédoniens infligent insidieusement à leur patrimoine naturel, et restituent à leurs enfants… Il y a même de quoi s’étonner que personne, Pouvoirs Publics et associations, ne s’en émeuvent. Bah… C’est comme ça chez nous, les notions de protection de la nature y sont encore assez peu développées.

SOLUTION DE RECHANGE
Oui, mais comment se passer de “degraissing” ? Car ce coûteux engouement est positivement exercé à des fins utilitaires ou professionnelles. En fait, la vraie question est :
COMMENT FONT LES AUTRES POUR VIVRE SANS “DEGRAISSING” ?
Tout bon calédonien de se le demander, forcément.
Eh bien, ils utilisent un solvant sec, tout bonnement…
Entendons-nous bien. Le solvant sec, bien qu’il en existe des biodégradables, n’empêchera jamais les salissures de s’écouler (sauf à circuler en circuit fermé  voir infra). En revanche, il présente un avantage colossal par rapport au “degraissing” : une fois qu’il a fini son travail, il a le bon goût de s’évaporer ! Il ne va pas s’insinuer dans notre sous-sol, nos nappes phréatiques ou notre lagon. Il est conçu pour se volatiliser et ne pas polluer. Il s’évapore en 5 ou en 60 secondes (certains, à la vitesse de … l’éther), peu importe, mais IL DISPARAÃŽT.
L’avantage est abyssin.
Le “degraissing” pollue dramatiquement.
Le solvant s’évapore.
Et ces produits (solvants sec) font l’objet d’une obligation d’emploi dans les ateliers des administrations et armées françaises.
COÛTS
Ah…! Je vous vois venir… “Il est gentil le monsieur d’Automotoconso, mais on voit bien que c’est pas lui qui paye”.
Effectivement, Monseigneur… Sur ce chapitre, y’à pas photo. Les solvants à évaporation coûtent le double du “degraissing”. 30 à 40 000 F (251 à 335 € le fût de 200 l de “degraissing” contre 60 à 80 000 F (502 à 670 € la même quantité en solvant sec ! Nous avons donc mené notre petite enquête auprès d’une société de la place qui ne souhaite point être désignée, mais qui s’est convertie aux trois-quarts aux solvants secs.
Cette société utilisait deux fûts de “degraissing” par mois. Elle les payait 60 000 F, soit au ras des pâquerettes (150 F/litre, soit 1,25 €). Annuellement, sa consommation de “degraissing” s’élevait à 4 800 litres / 720 000 F (6 033 €. Le “degraissing” utilisé était naturellement perdu et son traitement aléatoire…
Ladite société s’est dotée d’un fût de solvant sec de 200 litres/80 000 F (670 €) + la fontaine qui va avec : 75 000 F (628 €). Soit au total lors du premier achat : 155 000 F (1 298 €).
Avec le principe de recyclage et récupération du solvant inutilisé ou administré en trop (voir nos explications sur les fontaines de nettoyage), doublé d’un système naturel de décantation de l’appareillage, le fût de solvant sec lui dure presque un an. Cette société continue d’utiliser du “degraissing” sur ses interventions extérieures, mais elle n’en consomme plus désormais qu’un fût tous les deux mois.
Soit la première année (incluant le coût d’achat de la fontaine) : 155 000 F (1 298 € = solvant sec + fontaine) + 120 000 F de “degraissing” (1 005 €)= 275 000 F (2 304 €).
Soit la seconde année :
200 000 F (1 676 €).

Pondérons généreusement ces chiffres car une année complète n’est pas accomplie avec le solvant sec (environ 10 mois, mais au diable l’arithmétique appliquée !).
1ère année : 350 000 F (2 933 €).
2ème année : 275 000 F (2 304 €).
À confronter aux 720 000 F précédents (6 033 €), 100 % “degraissing”.
L’épargne de pollution n’est même pas prise en compte dans ce calcul…
CQFD : les solvants, à l’usage professionnel, même s’ils coûtent plus chers à l’achat, dégagent une marge d’économie à court terme notablement supérieure au surcoût engendré par leur acquisition.
NOTRE AVIS : Nous ne nous leurrons pas. Le “degraissing” a encore quelques belles années devant lui, même s’il est appelé à disparaître à moyenne échéance, car c’est un archaïsme. Mais si cet article fondé devait permettre de réaliser l’épargne de seulement 1 000 litres de “degraissing” de moins rejetés dans la nature calédonienne en une année, alors nous serions vainqueurs. Convaincre des gens qu’ils ont tout à y gagner, y compris financièrement, quand ils ont tout à y gagner, y compris financièrement, et n’être pas absolument convaincus d’être entendus, relève, reconnaissons-le, de la pure abnégation. Soit ! Notre bâton de pèlerin en main, nous ne manquerons jamais de prêcher la bonne parole. L’enjeu est, paraît-il, autrement plus important que les us professionnels calédoniens.
Propriété et Copyright : Automotoconso.com
Tous droits réservés. Reproduction textes, photos et mise en forme interdits sauf autorisation écrite du directeur de publication du site.
Si vous jugez cette page utile, vous pouvez la reproduire sur un site ou un forum à partir du lien ci-dessous prêt à l'emploi (faire Ctrl+C ou clic droit, puis copier)
Cela donnera ce lien : Degraissing ou solvant sec ?
Autres articles en rapport avec ce sujet...
- Kit chaîne moto : croyances et mythes (1/3)
- Chain Clean, by France Equipement
- Le motard et le renard
- Mecacyl® CR (Part 4/6)
- Changez l’huile de vos freins…
- Kit chaîne moto : croyances et mythes (3/3)
- CHEVROLET EQUINOXE 2010 : EST-CE BIEN RAISONNABLE ?…
- Les bénéfices pétroliers dilatés par le climat…
- Castrol Careclean Plus (savon mains)
- Cofran s’ouvre au grand public… (3/3)
Merci pour cet article bien documenté.
Cependant, dire que les solvants, une fois évaporés, ont disparus est totalement faux. La pollution de l’atmosphère est un probleme aussi grave que celle du sol ou des eaux. Le solvant finira par retomber au sol (ou dans les océans) sous une forme ou sous une autre. Cela dit, bien utilisé comme dans les fontaines de dégraissages, il présente de nombreux avantages.
Cordialement,