QUAND FAUT-IL GRAISSER ?
Voilà la question fondamentale ! Il n’y a pas de règle absolue partant du principe qu’une chaîne secondaire devrait baigner en permanence dans l’huile (mais les carters étanches ne sont pas beaux…). Le plus souvent possible, dès lors ! D’où l’intérêt théorique (nous ne l’avons pas testé) des systèmes de graissage type scottoiler, qui ont malheureusement un coût et peuvent être à l’origine de problèmes de prise en garantie compte tenu de leur principe de fonctionnement.
S’il fallait fixer impérativement des échéances, elle n’excéderaient pas 300 km par temps sec. Encore une fois, seuls les corps solides pulvérisés permettent de viabiliser des espacements plus importants sur une chaîne de moto.
LE TÉFLON®, C’EST TROP CHER !
Oui, c’est trop cher et au prix où ça coûte, mieux vaut garder son kit chaîne moins longtemps et épargner sur l’huile employée. Nous en sommes d’accord.
Mais attention ! Il n’y a pas que le Téflon®, dûment “copyrighté”. Vous pouvez parfois trouver du bisulfure de molybdène (MOS2) assez bon marché (un cran en deçà du Téflon® en ce qui concerne l’usage sur chaînes de moto), et point n’est besoin d’en tartiner une couche. De même, vous pouvez employer des lubrifiants utilisant les dérivés libres de droit du Téflon® (les PolyTetraFluoroEthylène ou PTFE). Le problème, c’est que les dosages sont souvent si minimalistes sur les bombes manufacturées qu’ils ne sont là que pour justifier la publicité arborée sur l’étiquette de vente.
On tourne en rond…

La couronne est l’élément qui, théoriquement, s’use le moins sur un kit chaîne. Dès lors, quand on voit l’état de certaines couronnes en circulation, on est fondé à se faire du souci pour les autres éléments de la transmission… Cette couronne a aussi parcouru une vingtaine de kilomètres sous une pluie forte avec une graisse marine. Reste plus grand-chose dessus…
LES SOLUTIONS ÉCONOMIQUES ET FIABLES
Si faire 10 à 20 000 km de plus en utilisant les corps solides au c¦ur de votre chaîne ne vous fascine pas le moins du monde, il existe des solutions simples, économiques et fiables pour faire durer raisonnablement votre kit chaîne et ce à un coût dérisoire :
La graisse standard : Elle présente souvent un inconvénient majeur. Si vous avez la main lourde, elle ira tout droit, non sur votre roue arrière, mais dans le carter de pignon de sortie de boîte. Ce qui à la longue peut former un magma d’abrasion usant votre chaîne lors de ses multiples passages.
Le Coframoly (Cofran) était un additif basé exclusivement sur le bisulfure de molybdène et à un coût sans concurrence (4 500 F CFP les 2 litres, soit 37,70 euros environ, utilisable sur les engrenages comme dans les moteurs thermiques). Malheureusement, il semble ne plus devoir être produit par le groupe Fuchs. Utilsé dilué à de l’huile pour chaîne de tronçonneuse, il donnait de très très bons résultats sur les chaînes de motos, soumises à des charges importantes.
Si vous l’utilisez parcimonieusement, alors vous n’aurez pas davantage la défaveur de vous en plaindre que de l’huile pour chaîne. Et elle est moins salissante pour la jante.
En matière de graisse, vous pouvez trouver des spécimens renforcés en additifs solides et à un bon prix. Guettez les opportunités…
Théoriquement, votre graisse devra résister à des températures de 150°C (température que peut atteindre une chaîne de moto en usage extrême). En pratique, 120°C font l’affaire et c’est la plupart du temps les températures de résistance des bonnes graisses non renforcées pour les hautes températures.
NOTA (1) : d’aucuns affirment que les graisses pénètrent moins bien que dans le c¦ur de la chaîne. C’est vrai en théorie : en pratique la chaleur et la vitesse de rotation de la chaîne présentent les avantages de dissoudre le savon et d’amener le lubrifiant là où il doit se trouver. Par le fait, utilisant l’un et l’autre en alternance, nous n’y avons jamais vu de différence en matière d’usure et les joints toriques s’en sont toujours bien portés.
NOTA (2) : d’aucuns affirment que la graisse “colle” la poussière… C’est vrai si vous en répandez trop généreusement sur la plage et par fort vent. En revanche, la graisse possède un pouvoir lubrifiant immédiat (ce qui n’est pas le cas de certaines bombes dopées aux solvants). C’est-à -dire que vous pouvez la déposer sur la chaîne et partir instantanément. Dans cette configuration, la graisse captera moins de poussière que n’importe quel autre lubrifiant spécialisé pour chaîne. Si vous suivez nos conseils, savoir parcimonie dans l’usage de ce lubrifiant et éviter les plages ce faisant…, vous pouvez graisser et rouler - ou vous pouvez graisser et laisser en situation, vous n’aurez jamais plus de poussière adhérente qu’avec n’importe quel autre lubrifiant. Par surcroît, dès lors que vous roulez, la graisse n’a plus de consistance et se transmue… en huile !
L’huile pour chaîne de tronçonneuse : Il s’agit d’une huile de type filante (c’est-à -dire qui adhère fortement et forme des espèces de filament lorsque vous faites tourner votre roue arrière avec la main), qui coûte trois francs six sous (400 à 600 XPF en Nouvelle-Calédonie, soit 3,35 à 5,00 euros), vendue au litre et applicable à la burette (il existe plusieurs sortes de burettes, certaines plus fonctionnelles que d’autres pour un écoulement continue et dosable). Vous n’aurez jamais de problème avec cette huile minérale, elle graisse correctement. Et que l’on ne nous parle de compatibilité avec les joints toriques, cela nous fait sourire (voir notre précédent test sur les joints toriques)…
Nous avons essayé 5 ou 6 marques avec le même succès. Peu de projections (mais variables d’une marque sur l’autre) si appliquée la veille sur chaîne chaude de préférence.
Nous l’avons également associé avec un additif sur base MOS2 (CofraMoly, de COFRAN, disparu du catalogue malheureusement).
La fiabilité est excellente et garantie.
L’huile pour boîte de vitesses manuelles : Nous vous la déconseillons. La minérale a souvent une odeur écoeurante et la synthétique n’est pas bon marché. Par surcroît, même en choisissant de la 80/90, cette huile reste trop fluide, vous en perdez beaucoup et vous dégueulassez tout, sol et moto. À bannir pour ces seules et convaincantes raisons, car l’huile en elle-même convient parfaitement aux kits chaînes puisque c’est un lubrifiant extrêmement bien dopé en additifs extrême pression, fort résistants aux cisaillements induits par les couronnes.

La plupart des graisses présentent le redoutable inconvénient de ne point vous crépir votre jante arrière au profit de l’espace contenu entre votre pignon de sortie de boîte et son carter. À part cela et si l’on en use avec parcimonie, les graisses sont des lubrifiants tout à fait valables pour les chaînes de motos (lire nos explications au fil de ce dossier).
Fin de la seconde partie. Continuez la lecture…
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pourriez vous m’envoyer la fiche de données de sécurité de l’huile multifonction pour chaine