Le magazine de l'actualité Auto et Moto Mercredi, 3 septembre 2014 - 4:07

La lubrification 2 temps (Part 1)

Le principe de lubrification d’un moteur 2 Temps est similaire à celui du 4 Temps.
Comment ? personne ne réagit ?…
Oui… Il est similaire, non dans son principe d’application (et nous verrons même qu’il est diamétralement dissemblable), mais dans son élaboration technico-chimique, ou technico-pétrolière, ou encore technico-pétrochimique…
Nous trouvons dans le concept lubrification 2 temps les mêmes paramètres de traitements des produits huileux du pétrole que dans le 4T : minérale, 1/2 synthé et full synthé, esters, PAO, etc. Aussi, nous ne reviendrons pas là-dessus, cette chose ayant été copieusement abordée ici.
En revanche, faisant abstraction du principe fondamentale de la lubrification, savoir l’interposition d’un film huileux dopé aux additifs entre les différentes pièces mécaniques en mouvement, un 2 Temps n’est pas un 4 Temps…

lubrification 2 temps

Petit préambule indispensable

Alors que nous tablions sur des photos réalisées de concert avec un professionnel indépendant de la mécanique, celui-ci a singulièrement disparu de la circulation (calédonienne), plantant ainsi tout le monde, clients, motards, professionnels et partenaires. C’est donc au pied levé que cette série de clichés fut réalisée avec le concours de l’importateur Ipone pour la Nouvelle-Calédonie. Nous nous excusons de ne faire figurer que les photos de cette marque, mais nous avions besoin d’une synthèse du marché, et peu de temps pour courir de l’un à l’autre, et pas nécessairement le goût de le faire. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes adressés à Ipone Nouvelle-Calédonie, que nous remercions de son concours – toujours professionnel.

LE 2 TEMPS PLUS FIABLE !
Oui. En théorie. Et c’est mathématique. Le 2 temps fait appel à notablement moins de pièces mécaniques en mouvement et à moins d’interactions entre elles. Imaginez simplement 18 personnes dans une pièce, 9 autres dans une autre. L’exiguïté, la promiscuité, le chevauchement de différentes parties, pas nécessairement compatibles entre elles, sont multipliés par deux dans le premier cas. Eh bien cette figuration coïncide avec nos deux types thermiques.
Le 4 temps est compliqué, le 2 temps est simple, donc en théorie, plus fiable…
Maintenant imaginez que la pièce qui recèle les 18 personnes soit douée d’un confort moderne et particulièrement relevé tandis que celle qui accueille nos neuf convives ne renferme que le strict minimum pour ne pas être livrée à l’état de masure.
C’est un peu cela la différence fonctionnelle entre le 4T et le 2T…
Et cette différence de confort se situe au niveau de la lubrification, singulièrement plus aboutie sur le 4 Temps.

lubrification 2 T

Si le graissage n’est pas de type « séparé », c’est-à-dire contenu à part dans un bocal et géré par une pompe à huile, il faudra faire appel à l’incontournable doseur et à la bonne vieille jerrycan. C’est le cas de toutes les motos destinées aux circuits fermés, type cross, enduro, trial, side et vitesse.

DIFFÉRENCES DANS LA LUBRIFICATION D’UN 2T PAR RAPPORT À UN 4T
- La première et la plus fondamentale des différences est la suivante : l’huile 2T se perd avec l’explosion du mélange gazeux (gaz d’échappement) et doit être en permanence renouvelée lors de chaque remplissage du réservoir.
- L’huile 4 temps est recyclée à volonté sur une durée de vie variable.
- On vidange un moteur 4 temps.
- On ne vidange jamais un moteur 2 temps qui ne contient pas d’huile moteur (en revanche, le 2 temps recèle une huile pour engrenages destinée à lubrifier la boîte de vitesses).
- On met de l’huile moteur 4 temps directement dans le moteur.
- On met de l’huile moteur 2 temps dans le réservoir pour la mélanger avec le carburant (ou dans un bocal en plastique indépendant du moteur, en cas de graissage séparé, le lien avec le réservoir étant actionné alors par une petite pompe à huile avec ouverture dosée par la poignée de gaz ou la pédale d’accélérateur).
- Le dosage de l’huile moteur 4 temps se fait sous pression et de manière transparente pour l’utilisateur.
- Le dosage de l’huile moteur 2 temps est extrêmement délicat pour celui qui recherche le compromis idéal (nous allons voir pourquoi).
- Le moteur 4 temps baigne dans l’huile (carter).
- L’huile moteur 2 temps ne pénètre que dans le haut moteur.

Huiles 2 temps
Ici un réservoir de graissage séparé servant de récipient à l’huile neuve.

UNE VALSE À DEUX TEMPS
Le 2 temps ne dispose pas de soupapes d’admission et d’échappement, mais de « trous » à même le cylindre. Ces « trous », qu’il conviendrait peut-être plus élégamment de baptiser « orifices », s’appellent en fait dans la nomenclature mécanique des « lumières » (nous faisons ici abstraction de tous les protocoles mécaniques modernes qui ont améliorés l’admission du 2 temps, type clapets, disques… Ce n’est pas notre sujet). Ces lumières, qui véhiculent l’essence et l’huile de lubrification, sont au nombre de trois : admission, transfert, échappement.
Les lumières remplacent les soupapes sur un moteur de 2 temps. D’où une foultitude de pièces en moins (soupapes, tiges, arbre à cames, cames, poussoirs, etc.), donc un fonctionnement plus simple, dès lors fiabilité théoriquement meilleure (nous allons voir qu’il n’en est malheureusement rien).
Faisant abstraction des simplicités mise en ¦uvre par les constructeurs (du type graissage séparé et mélange tout prêt à la pompe, ainsi qu’il en existait à une époque), le possesseur d’un moteur 2 temps (bien qu’ils ne nous intéressent pas dans le cadre de ce dossier, rappelons tout de même qu’il existe de gros moteurs industriels deux temps) doit rajouter son huile moteur à l’essence. S’il ne le fait pas, son moteur grippera quelques centaines de mètres plus loin ou au terme d’une poignée de secondes.
Pour ce faire, il doit doser dans le carburant une part d’huile qui ira lubrifier le haut moteur tout comme le fait l’huile 4 temps. Et il doit le faire à chaque plein car l’huile est brûlée avec le carburant au moment de la combustion (qui sert à pousser le piston et à faire avancer la machine).
Ce dosage s’opère à partir de valeurs inférieures à 1% et jusqu’à 3 % environ, avec une constante entre 1 et 2 % (valeurs indicatives).

Bien lubrifier son 2 temps

Les huiles 2 temps sont toujours de couleur (ou bien changez d’huilier !) afin de distinguer que le mélange essence/huile a bien eu lieu.

DE LA DIFFICULTÉ DE BIEN LUBRIFIER UN MOTEUR 2 TEMPS
Contraignant mais simple, pensez-vous. Eh bien non. Et c’est là où le bât blesse.
Car les problèmes se posent en masse.

1/ Il faut veiller à l’homogénéité du mélange carburant/huile avant introduction dans le réservoir.
2/ Les qualités de graissage du lubrifiant vont en diminuant au fil du temps et de l’altération du carburant. Stocker un 2 temps implique une vidange complète du réservoir lors de la reprise d’activité du véhicule.
3/ Si vous mettez trop d’huile, vous « serrerez » le moteur (nous allons voir pourquoi).
4/ Si vous ne mettez pas assez d’huile, vous « serrerez » le moteur.
5/ Selon la qualité de l’huile employée, même si le dosage est parfait, vous aurez des amorces de serrage sans même, parfois, vous en rendre compte. C’est en démontant le moteur que vous le constaterez (point de fusion sur les pistons, c’est-à-dire film d’huile un très court temps rompu à cause d’une mauvaise résistance aux hautes températures du lubrifiant employé).
6/ Etc.
On le voit, la lubrification d’un 2 temps n’est pas une affaire si simple.

Tout sur la lubrification 2 temps

Ce bouchon de vidange, que l’on aperçoit sur le haut du carter de ce berlingot 2 temps, n’est destiné qu’à la lubrification des engrenages de la boîte de vitesses.

POURQUOI UN MOTEUR 2 TEMPS « SERRE » ?
À l’intention des profanes qui ne dédaigneraient pas de s’intéresser à la lubrification des moteurs 2 temps, « serrer » un moteur implique tout simplement son grippage, le piston se coinçant dans le cylindre…
L’auteur a roulé durant trois ans en 2 temps assez poussé (c’était il y a quelques temps…, type 125 cross et enduro), même sur route, souvent à pleine charge, avec 40 km, souvent au taquet, par jour, sans jamais connaître un problème mécanique lié à la lubrification (préparation autonome du mélange). Or, on devine maintenant que la plupart des problèmes mécaniques moteur sur un 2 temps sont liés à sa (mauvaise) lubrification. En effet, un 2 temps bien conçu, s’il est correctement lubrifié et entretenu, est très fiable. Il suffit périodiquement de changer piston(s) et segments avec un espacement dans cette maintenance qui peut aller du simple au triple fonction, toujours, de la qualité de sa lubrification ! À notre sens, la lubrification d’un 2 temps est affaire de personne entendue si l’on s’inscrit dans le durée.
Voici donc les causes principales du grippage d’un moteur 2 temps :
1/ Dosage en huile insuffisant, le film rompt dès les hautes températures atteintes.
2/ Plus d’huile dans le réservoir du graissage séparé ou ravitaillement direct en carburant non modifié.
3/ Pompe à huile, câble défectueux.
4/ Graissage de mauvaise qualité : le film d’huile est écrasé et se disloque.
5/ Excès d’huile…

Doseur pour huile 2 temps

À l’instar des essuie-glaces pour le pare-brise, le doseur, pour rudimentaire soit-il, reste incontournable pour réaliser la bonne mesure en huile de votre carburant. On n’a rien inventé de mieux depuis des décennies…

Fin de la première partie. Continuez la lecture…

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1 commentaire vers "La lubrification 2 temps (Part 1)"

  1. QUATASTROF's Gravatar QUATASTROF
    22 décembre 2007 - 18:17 | Lien permanent

    bonjour,j’ai un 250 CR?de l’huile castrol,comment dois je faire pour obtenir un melange a 3 °/°?quel quantité d’huile en ml pour 5litre d’essens?
    Merci d’avance pour votre réponse,
    salutation
    shirley

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