Le lubrifiant Silkolene ADP 0W-20 est une huile strictement réservée à la compétition et à la performance. Nous avons voulu la tester sur une moto de production puissante, une Kawasaki ZX-12R.

LES CONDITIONS DU TEST

Voilà un test qui ne fut pas facile à mettre en oeuvre. D’abord l’huile compète était chère et limitée en quantité sur le Territoire, fallait ensuite la vidanger au terme du test avec une autre huile neuve et haut de gamme, il fallait en même temps mettre à contribution nos mécanos, sans préjudice au seul fait de débusquer le cobaye qui se prêterait au jeu et possèderait une moto récente et puissante (bon, ça, ce ne fut pas le plus compliqué, confessons-le). Enfin, il nous fallait encore le seul banc électronique Dynojet disponible en Nouvelle-Calédonie, et un samedi après-midi (magasins fermés en Nouvelle-Calédonie). Tout cela cumulait les difficultés. Nous réunîmes cependant toutes les conditions sauf une. Fallait-il renoncer à votre information et à ce test intéressant pour autant ?
À défaut de Dynojet en panne, car c’est lui qui nous fit faux bond, la direction technique de Silkolene France nous adressa les résultats d’un test sur banc Dynojet réalisé en Angleterre sur une Honda Blackbird.

Samedi 25 avril, à 13 heures, le cobaye fut convoqué à Ducos (zone industrielle de Nouméa), les deux mécanos, les dix litres d’huile, le filtre, le représentant de l’importateur ainsi que notre rédaction qui ne compte plus sa peine et se frustre de ses week-ends. L’opération s’étala sur environ 4 heures dans une ambiance très détendue. La bécane était une Kawasaki ZX-12R de moins de 15 000 km (190 ch théoriques en dynamique). L’huile remplacée par celle de notre test était de la Castrol 100 % synthé 10W-60 (huile auto).

LE SENTIMENT DU MOTARD COBAYE

Après avoir démonté le flanc gauche du carénage, notre mécanicien, qu’on ne présente plus, opéra le changement d’huile - qui surprit tout le monde par son extrême fluidité (odeur neutre). Pas de l’eau, non, mais quand même peu de viscosité… Le niveau réalisé au maximum admissible dans le carter, la moto fut mise en route. Face à son fonctionnement régulier, la partie du carénage défaite fut prestement remontée. Quelques consignes communiquées à notre cobaye et le drapeau à damiers fut abaissé…

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Nous avons attendu notre testeur beaucoup plus longtemps que prévu. Pour cause ! Celui-ci alla bien au-delà du périple que nous lui avions préconisé. Enfin, il arriva. Sans être dithyrambique, l’homme affichait clairement sa satisfaction : “Ah oui ! C’est vraiment une huile compé ! C’est surtout en haut que tu trouves les chevaux ! Ca t’incite à ouvrir en grand. Les accélérations sont beaucoup plus étoffées, ont une amplitude qu’elles n’ont pas d’habitude ! C’est bizarre comme sensation. Puis le démarrage est instantané. D’ordinaire, tu tires toujours un peu sur le démarreur. Là c’est tout de suite ! J’ai fait un plus grand tour que prévu parce que j’avais pas envie d’arrêter si tôt !
Finalement, notre “cobaye” refusera que l’on vidange l’huile ADP 0W20, voulant encore profiter des effets de ce lubrifiant le lendemain pour tirer jusqu’à La Foa (environ 100 km de Nouméa), en dépit de nos mises en garde. Il remplit ensuite notre questionnaire, dont voici le reflet :

Des montées en régimes plus franches : Oui Non
Plus de souplesse à bas régimes : Oui Non
Plus de puissance à haut régime : Oui Non
Un agrément d’utilisation renforcé : Oui Non
Davantage de frein moteur : Oui Non
Moins de frein moteur : Oui Non
Achèteriez-vous ce produit : Oui Non
Vous apparaît-il comme une valeur sure : Oui Non

Le commentaire libre et écrit de notre motard fut le suivant :

“Au démarrage, j’ai été surpris par un allumage instantané. Les accélérations au-delà de 4 000 tr/mn sont bien plus franches. Meilleures reprises en courbes et moins d’échauffement moteur aussi bien en haut qu’à bas régimes. Reprises en 6ème beaucoup plus vives”

(NDLR : A noter que les gains obtenus paraissent toutefois concerner davantage la puissance que la souplesse du moteur, selon l’impression « à chaud » du testeur).

CONCLUSION DE LA REDACTION

Tout est à peu près déjà explicité dans notre article. A propos de cette huile, retenez deux choses : puissance accrue et usage exclusivement réservé à la compétition. A moins que vous ayez les moyens et le temps de vidanger et revidanger pour un coup de fun, en respectant les paramètres dont nous avons largement débattus ci-dessus. A noter que notre cobaye s’est quand même tapé un aller-retour Nouméa-La Foa avec cette huile ­ sans problème. Reste que son prix la réserve à un usage confidentiel ou à une clientèle élitiste.

POUR : Performances générales accrues, produit High Tech

CONTRE : Prix très élevé, usage limité.

Disponibilité : revendeurs Silkolene
Prix : 15 000 F (5 litres) en NC (soit + de 125 ¤)

Appréciation produit : 10/10
Rapport qualité/prix/durabilité : 3,5/10
Promesses tenues : 10/10

LES RESULTATS SUR BANC DYNOJET (EVALUATION DYNAMOMETRIQUE)
Voici les résultats comparatifs en provenance du Royaume-Uni pour une Honda CBR 1100 XX Blackbird, 1 an, en parfait état et entretenue, appartenant à M. Mark Brewin, à partir de trois huiles 100 % synthétiques, mais de viscosités différentes, dont notre « Silko » 0W-20.
Huile 100 % synthèse 15W-50 : 127,9 ch CEE à la roue arrière.
Huile 100 % synthèse 5W-40 : 131,6 ch en CEE à la roue arrière
Huile Silkolene ADP 0W-20 : 134,4 ch CEE à la roue arrière.


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Le gain total entre la 100 % synthé 15W-50 et la 100 % synthé ADP 0W-20 ressort donc à 6,5 ch réels en sus, soit 5 % de puissance supplémentaire, reconnus sur banc électronique. Par surcroît, le graphique du test ne laisse pas de témoigner d’une courbe de puissance plus peine dans sa phase d’exploitation, développant encore 133 ch CEE à 10 500 tr/mn pour l’ADP 0W-20 quand la 5W-40 tape 129 ch environ à ce régime et la 15W-50, environ 125,5 ch… Ce test, bien que commandité par Silkolene, a été réalisé avec la moto d’un quidam. Les résultats y sont mécaniquement absolument crédibles.

LA BASSE VISCOSITE

En compétition, de tous temps, on chercha à grappiller de précieuses secondes sur tout ce qui se meut. Ce fut d’abord la chasse au poids, puis au rendement mécanique. La transmission de la puissance même aux roues induit une perte de puissance. Une chaîne sèche vous fera perdre un peu de puissance. Un kit chaîne usé, outre son danger, peut vous faire perdre jusqu’à 10 % de puissance. Idem pour l’huile. L’huile moteur, pour être indispensable, n’en engendre pas moins une déperdition de puissance. Plus une huile est visqueuse, plus le phénomène de friction dans le lubrifiant est important, et qui dit friction évoque fatalement énergie gaspillée et chaleur, donc puissance amoindrie (notre cobaye a relevé pertinemment une baisse de température moteur et des démarrages fatalement plus faciles, puisque moins d’efforts avec cette huile fluide pour sa roue libre…) Malheureusement, pour un usage quotidien et des intervalles de vidanges rallongés, la viscosité d’une huile est positivement indispensable. D’où l’impérieuse nécessité de réaliser un compromis pour les huiles courantes du marché, même les meilleures, entre performances/économie d’énergie et durabilité. En revanche, si l’on abaisse la viscosité de l’huile (si on liquéfie l’huile), les rotations des pièces mécaniques se feront avec plus d’aisance, la vitesse de glissement s’en trouve augmentée, puisque l’huile, très fluide, n’altère pas leur rapidité d’exécution. D’où le gain d’énergie aux roues. Tout cela est évident. Où ça le devient moins, c’est dans l’art de préserver la fiabilité des mécaniques qui utilisent des huiles très basse viscosité. Silkolene, avec l’ADP 0W-20, a conçu une huile pour compétiteurs, garantissant une fiabilité optimale dès lors qu’elle est employée dans les conditions requises. En effet, les esters de sa synthèse de sa base viennent se fixer par magnétisme (polarité) sur les alliages du moteur, garantissant ainsi la mécanique, outre les qualités supposées de ses dopes. Seulement, il n’y a pas de miracle. Le manufacturier est le premier à mettre en garde ses clients : l’ADP 0W-20 est une huile réservée à la compétition et à usage limité. Sa très faible viscosité ne saurait garantir un moteur au taquet à haut régime, constant ad vitam aeternam, particulièrement en saison chaude. Ou encore des séjours en ville trop prolongés sous les mêmes conditions. Par surcroît, certaines pompes à huile (modèles anciens) peuvent avoir du mal à aspirer cette fluidité. La pression d’huile sera donc dangereusement oscillante. Ce lubrifiant performant, de très haute technologie, doit donc être réservé exclusivement à la course (MX, super motard, départs arrêtés, circuit, etc…). Son coût et sa faible durée de vie opèreront de toute façon un “numerus clausus”…

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Silkolene 0W-20 Compé : la basse viscosité

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