Voilà maintenant presque 50 ans, la révolution cubaine projetait, à l’initiative des U.S.A, l’île Caraïbe dans une ère d’embargo quasi-total. Le Rêve américain d’après guerre s’y est presque trouvé figé dans les chromes, la bakélite et le skaï de la production automobile de l’Oncle Sam. Sensible à la démarche humanitaire de “Corazon de salsa” (école de salsa de Nouméa), organisatrice d’un déplacement à Cuba, l’Argus de Nouvelle-Calédonie, proposa à Sergio et Corinne Ramirez (professeurs de salsa) de réaliser un reportage photos, sur l’automobile “cubaine”, qui constitue aujourd’hui un véritable musée vivant. “Pied de nez” ou hasard de l’Histoire, c’est, en tout état de cause, une sorte de pélerinage de l’automobile nord-américaine que nous vous proposons au fil de ce dossier…


CASTRO FIDÈLE GARANT DU PATRIMOINE NORD-AMÉRICAIN
Fidel Castro, son frère Raul et Ernesto “Che” Guevara ne l’imaginaient certainement pas de la sorte, mais un demi-siècle après leur Révolution, Cuba est très certainement l’endroit au monde recélant le plus grand nombre d’automobiles américaines datant des années 50 et 60.

On pourrait croire cette photo tirée d’un film américain. La demeure, bien que défraîchie par le temps et le manque d’entretien, rend encore grâce au style “Art Déco” qui l’a vu naître. La berline noire garée devant porte encore “beau”. Ne lui manque qu’un peu de rutilance sur l’abondance de chromes et des pneus à flanc blanc.

Cuba, victime d’un isolement forcé, est ainsi devenue, malgré elle, l’écrin d’une collection unique repésentative de ce qu’était l’automobile “made in USA” à cette époque. Aujourd’hui, alors que les barrières tombent, les frontières s’ouvrent, les Cubains prennent conscience d’être détenteurs d’un patrimoine exceptionnel. Ce patrimoine qu’il faut bien maintenir, même si les conditions ne sont pas toujours favorables - les relations avec les États Unis n’ayant pas encorre atteint le “beau-fixe”. Pour autant, les Cubains, malgré ou à cause de leur pauvreté, rivalisent de talent et de passion pour conserver ce qu’il convient d’appeler leur “trésor”. Chevrolet, Buick, Oldsmobile, Dodge ou autre Ford, accompagnent le quotidien de cubains qui entretiennent parfois jusqu’à la déraison ces autos d’un autre âge.

Ce cabriolet (dont nous ne sommes pas parvenus à retrouver ni la marque ni le modèle) défie le temps. Ses jantes dépareillées ne sont pas d’origine ! En revanche, les sculptures de chrome sur les ailes et le capot le sont. Elles représentent des avions “supersoniques” (technologie naissante et certainement très tendance à l’époque) !

Cette “Stude” rouge reconditionnée en break, sacrifie sa beauté originelle mais exalte l’ingéniosité…
Point d’électronique dans ces machines, seulement de “bons vieux gros blocs” qui semblent indestructibles à l’épreuve du temps. C’était l’époque bénie où la Reine automobile n’était pas encore devenue un bien de consommation. Du chrome, de la bakélite, du skaï, un gros V8 et de la place pour 6 ; telle était la recette automobile qui caractérisait l’Amérique du “New Deal”. L’euphorie de l’après-guerre avait fait de La Havane une villégiature prisée des “Norteamericanos” qui venaient s’y dissiper dans la fumée des cigares et les vapeurs de rhum - pour finir par s’encanailler au Casino (voir l’excellent film “Le Parrain II”). Quand la Révolution prit le pouvoir, les Américains partirent et laissèrent derrière eux tout ce qu’ils avaient amené. Les voitures, comme beaucoup d’autres choses, elles, sont restées…


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